NASMASKAR - n°29 NOVEMBRE 2002
pages 1 2 3 4 5


PRATIQUE
LE MOT DU PRESIDENT
Ce texte de Sri Aurobindo concerne la notion d'attachement. La nourriture est une nécessité vitale pouvant entraîner un désir qui va bien au delà de cette nécessité. En ce sens, on peut le considérer comme représentatif du désir en général.
LES BASES DU YOGA (suite)
LA POSSESSION DES CHOSES
LA NOURRITURE

 

  • Les besoins d'un sâdhaka doivent être aussi peu nombreux que possible, car il y a seulement un très petit nombre de choses qui soient indispensables à la vie.
  • L'ascétisme n'est pas, en lui même, l'idéal de notre yoga. L'empire sur la matière ne veut pas dire avoir de grandes possessions et les détériorer ou les gaspiller avec prodigalité. Cela implique l'utilisation vraie et soigneuse des choses et aussi la maîtrise de soi dans leur emploi.
  • Ce qui est contraire à l'esprit du yoga, c'est l'attachement à ce que l'on mange, la gourmandise et la convoitise, qui font de la nourriture une partie indûment importante de la vie. Etre conscient qu'un aliment est agréable au palais n'est pas une faute;seulement on ne doit éprouver ni désir, ni envie pour lui, ni exultation de l'avoir, ni regret ou déplaisir de ne pas l'avoir. Il faut être calme avec équanimité, sans trouble ni mécontentement quand la nourriture est insipide ou peu abondante, et manger la quantité nécessaire, ni plus, ni moins. Il ne doit y avoir ni envie, ni répugnance.
  • La suppression totale du goût, rasa, ne fait pas partie de notre yoga. Ce qu'il faut rejeter, c'est l'habitude de lui donner une importance excessive.
  • L'idée de ne pas manger est une mauvaise inspiration. La Gîta dit : "le yoga n'est pas pour celui qui mange avec excès, ni pour celui qui s'abstient complètement de manger".Négliger le corps et le laisser s'épuiser est une erreur.
 

 

  • Ne négliger pas cette tendance de la nature vers le désir de la nourriture, mais n'en faites pas trop de cas. On doit s'en occuper, la purifier et la maîtriser, mais sans lui attacher trop d'importance.
  • Il n'est pas nécessaire, pour manger, d'avoir de la gourmandise ou du désir pour la nourriture. Le yogi mange pour sustenser son corps.
  • C'est un fait que, par le jeûne, si le mental et les nerfs sont solides, on peut atteindre, pour un temps, un état d'énergie et de réceptivité intérieures attrayant pour le mental et que les réactions habituelles de faim, de faiblesse, de dérangement intestinal, etc..., peuvent être évitées. Mais le corps souffre de la diminution de la nourriture. Et, dans le psychisme, se développe facilement un état morbide lié à l'irruption d'une quantité d'énergie excessive par rapport à ce que le système nerveux peut assimiler ou coordonner. Les gens nerveux doivent donc éviter la tentation du jeûne; il est souvent accompagné ou suivi d'aberrations et d'une perte d'équilibre.
  • La nourriture doit être prise dans l'état d'esprit juste et avec une claire conscience. Il n'y a pas de mal à jeûner de temps à autre pendant un ou deux jours, à réduire la nourriture à une quantité petite mais suffisante; cependant, une entière abstinence pour une plus longue pérode n'est pas à recommander.